L'exposition de la population

L’exposition de la population française à la radioactivité

28/09/2026

Au quotidien, nous sommes toutes et tous exposés aux rayonnements ionisants, d'origine naturelle liés aux activités humaines. Afin de mieux comprendre ces expositions, l’ASNR publie tous les cinq ans un bilan actualisé de l’exposition moyenne de la population française métropolitaine. Une application disponible sur internet est mise à disposition du public par l’ASNR pour permettre à chacune et chacun d’estimer son exposition individuelle aux rayonnements ionisants.

Au-delà de la moyenne nationale, le bilan met en évidence la variabilité des expositions selon les personnes, en fonction notamment du lieu d’habitation, des habitudes de vie ou encore du recours aux examens d’imagerie médicale. Cette analyse permet de mieux identifier les différentes sources d’exposition et d’éclairer les actions de prévention.

> Télécharger la nouvelle édition du bilan EXPOP de l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants sur la période 2020-2024

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Les résultats sont présentés dans une grandeur qui permet d’évaluer l’exposition d’une personne aux rayonnements ionisants, la dose efficace (en millisieverts, mSv). En France métropolitaine, la dose efficace moyenne par habitant est estimée à 7,1 millisieverts par an (mSv/an).

Exposition moyenne en France, période 2020-2024

Les rayonnements ionisants d’origine naturelle représentent près des trois quarts de l’exposition totale, avec une dose efficace moyenne estimée à 5,5 mSv/an. Cette exposition provient de plusieurs sources : les rayonnements cosmiques (photons et autres particules provenant de l’espace), les rayonnements telluriques émis par les éléments radioactifs naturellement présents dans la croûte terrestre, la consommation d’aliments, d’eau de boisson ou de tabac contenant des radionucléides naturels et, surtout, l’inhalation de radon, un gaz radioactif d'origine naturelle émanant du sol.

À cette exposition naturelle s’ajoute l'exposition à la​ radioactivité artificielle. La principale contribution provient de l’imagerie médicale à visée diagnostique (radiologie conventionnelle, y compris dentaire et mammographie, scanographie, radiologie interventionnelle à visée diagnostique ou imagerie en médecine nucléaire) qui représente 23 % de l'exposition moyenne de la population​​, soit 1,6 mSv/an. Les autres sources de rayonnements artificiels, telles que les activités industrielles autorisées, les retombées des essais atmosphériques d’armes nucléaires par les grandes puissances de la guerre froide ou celles des accidents nucléaires passés, contribuent quant à elles à moins de 1 % de l’exposition moyenne.

La valeur moyenne nationale est en augmentation par rapport à celle du précédent bilan portant sur la période 2014-2019 (4,5 mSv/an), en raison principalement de la mise à jour de la dose évaluée pour l’exposition au radon, de 1,5 mSv/an en 2020 à 3,9 mSv/an aujourd’hui. Cette augmentation traduit une évolution réglementaire de la méthode d’évaluation de la dose et du risque à partir d’une concentration moyenne de radon en France restée globalement stable.

Les données d’exposition de la population du bilan précédent ont été actualisées de la manière suivante :

  • Les données relatives à la structure de la population française ont été mises à jour à partir des données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

  • Pour l’exposition aux rayonnements cosmiques, un nouvel outil de simulation a été utilisé pour une évaluation plus réaliste de la dose au niveau du sol tenant compte de l’ensemble des facteurs d’influence (altitude, latitude, modulation du cycle solaire).

  • Les données utilisées pour l’exposition liée au transport aérien ont été mises à jour à partir des publications annuelles de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et de sa dernière enquête nationale réalisée en 2023 auprès des passagers. 

  • L’activité volumique en radon dans l’habitat a été estimée à l’aide d’un nouveau modèle géostatistique alimenté par le résultat des campagnes de mesure récentes. Le coefficient de dose réglementaire de l’Arrêté du 16 novembre 2023 pour le radon-222 et le coefficient de dose recommandé par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) pour le radon-220 ont été appliqués pour convertir l’activité en dose.

  • Une actualisation a été réalisée sur la base des données les plus récentes pour les estimations dosimétriques liées aux autres radionucléides présents dans l’environnement : d’origine naturelle, hérités des essais nucléaires et de l’accident de Tchernobyl ou apportés par les activités nucléaires autorisées.

  • Enfin, l’exposition résultant de l’imagerie médicale a été mise à jour à partir des données de 2022 de l’Echantillon du système national des données de santé (ESND).

Une application en ligne pour connaître son exposition​

À partir des bases de données et des modèles de calcul utilisés pour réaliser son bilan, l’ASNR a créé et mis à disposition du public une application en ligne permettant d’estimer son exposition individuelle aux rayonnements ionisants : https://expop.asnr.fr.

En renseignant quelques informations (commune de résidence, type d’habitation, habitudes de vie…), chacun peut obtenir, de manière anonyme, une estimation de la dose de rayonnements ionisants reçue sur une année.