Bilan de l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants de 2020 à 2024
Ce bilan de l’exposition de la population française métropolitaine aux rayonnements ionisants (EXPOP) porte sur la période 2020-2024. Les expositions prises en compte sont liées aux rayonnements naturels (rayonnements cosmiques, telluriques, radon et incorporation de radionucléides naturels), à l’imagerie médicale à visée diagnostique, aux retombées de l’accident de Tchernobyl et des essais atmosphériques d’armes nucléaires par les grandes puissances de la guerre froide, ainsi qu’aux rejets des activités nucléaires autorisées. L’accident de Fukushima-Daiichi n’a eu que des conséquences négligeables sur le territoire français.
La dose efficace moyenne par habitant est estimée à 7,1 mSv/an. Le radon est la principale source d’exposition (55 %). Viennent ensuite l’imagerie médicale (23 %), l’incorporation de radionucléides naturels (9 %), les rayonnements telluriques (9 %), les rayonnements cosmiques (4 %) et enfin l’usage industriel et militaire de la radioactivité (< 1 %).
L’augmentation observée par rapport au bilan précédent (portant sur la période 2014-2019) résulte en majeure partie de la mise à jour des coefficients de dose du radon, qui entraine une hausse de la dose évaluée pour l’exposition au radon, de 1,5 mSv/an en 2020 à 3,9 mSv/an aujourd’hui. Cette augmentation traduit une évolution de la méthode d’évaluation de la dose et du risque à partir d’une concentration moyenne de radon en France restée stable.
La période 2020-2024 a été marquée par la pandémie de Covid-19, qui a induit une baisse importante du trafic aérien entre mars 2020 et décembre 2021 et une diminution du nombre d’actes d’imagerie médicale en 2020. L’impact de cet événement sur la dose efficace moyenne sur la période est toutefois resté négligeable.
Les différentes situations d’exposition entraînent une variabilité importante autour de la moyenne nationale, c’est pourquoi plusieurs situations types ont été considérées dans ce rapport. Ainsi, la dose estimée pour une personne qui n’a bénéficié d’aucun examen médical, n’a pas pris l’avion, vit dans un logement à faible concentration de radon, à faible niveau de rayonnement tellurique, ne fume pas et ne consomme ni fruits de mer ni denrées forestières est de 2,5 mSv/an. Une variation de l’un de ces facteurs d’exposition conduit à une dose plus élevée, pouvant atteindre 28 mSv/an pour une personne qui cumulerait toutes les sources d’exposition au niveau le plus élevé considéré. Une application permettant à chacun d’estimer son exposition individuelle aux rayonnements ionisants est mise à disposition par l’ASNR sur internet (https://expop.asnr.fr/).
Les données d’exposition de la population du bilan précédent ont été actualisées de la manière suivante pour le présent rapport :
- Les données relatives à la structure de la population française ont été mises à jour par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). En particulier, les regroupements administratifs de communes opérés depuis 2019 ont eu un impact limité sur le calcul de la dose moyenne par habitant.
- Pour l’exposition aux rayonnements cosmiques, un nouvel outil de simulation a été utilisé pour une évaluation plus réaliste de la dose au niveau du sol tenant compte de l’ensemble des facteurs d’influence (altitude, latitude, modulation du cycle solaire).
- Les données utilisées pour l’exposition liée au transport aérien ont été mises à jour à partir des publications annuelles de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et de sa dernière en quête nationale réalisée en 2023 auprès des passagers.
- L’activité volumique en radon dans l’habitat a été estimée à l’aide d’un nouveau modèle géostatistique alimenté par le résultat des campagnes de mesure récentes. Le coefficient de dose réglementaire de l’Arrêté du 16 novembre 2023 pour le radon-222 et le coefficient de dose recommandé par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) pour le radon-220 ont été appliqués pour convertir l’activité en dose.
- Une actualisation a été réalisée sur la base des données les plus récentes pour les estimations dosimétriques liées aux autres radionucléides présents dans l’environnement : d’origine naturelle, hérités des essais nucléaires et de l’accident de Tchernobyl ou apportés par les activités nucléaires autorisées.
- Enfin, l’exposition résultant de l’imagerie médicale a été mise à jour à partir des données de 2022 de l’Échantillon du système national des données de santé (ESND)