Projet ThyroSign
Initié au CEA depuis 2009, le projet de recherche visant à identifier des signatures moléculaires de cancers thyroïdiens développés après exposition aux rayonnements ionisants a évolué en une collaboration CEA ASNR cofinancée depuis 2022 par EDF, le CEA et l’ASNR. D’une durée initiale de trois ans, le projet vient d’être reconduit pour une durée de trois années supplémentaires avec une double coordination ASNR et CEA.
Contexte du projet et objectifs
Ce projet est piloté conjointement par Catherine Ory (CEA) et Mohamed Amine Benadjaoud (ASNR) et a été doté d’un budget de 700k euros sur les trois premières années du projet (2023-2025). Ce budget vient d’être reconduit pour trois années supplémentaires (2026-2028).
Contexte : Les données épidémiologiques disponibles confirment l’existence d’une relation dose-risque significative pour le cancer de la thyroïde après exposition aux rayonnements ionisants durant l’enfance, même pour des doses de l’ordre de 100 mSv. Néanmoins, à des doses plus faibles, de l’ordre de quelques mSv à quelques dizaines de mSv, les incertitudes sont trop importantes pour assurer la persistance de cette relation dose-risque.
Pour répondre aux interrogations scientifiques et sociétales concernant l’impact pour la santé publique d‘une exposition à la thyroïde à ces faibles niveaux de doses, il est dès lors important de doter l’épidémiologie conventionnelle d’une dimension « multi-échelle » intégrant des prédicteurs moléculaires aux facteurs de risques démographiques (âge, sexe ...), on parle d’étude d’épidémiologie « moléculaire ».
L’objectif général de ce projet est d’identifier des signatures moléculaires de cancers thyroïdiens développés après exposition aux rayonnements ionisants
Résultats attendus
Le projet consiste à identifier une signature multi-omique (transcriptome et miRNome) des tissus thyroïdiens (tumeurs et tissus sains) d’Ukrainiens exposés aux retombées de Tchernobyl, à fortes (> 500mGy) ou à faibles (< 50 mGy) doses à la thyroïde, en comparaison de ceux d’Ukrainiens non exposés.
Dans un premier temps, il a été démontré qu’une signature « d’exposition » (discriminant les tissus normaux non exposés) était maintenue dans les tumeurs en particulier aux fortes doses. Cette signature, indépendante de la carcinogenèse, doit être prise en compte dans la recherche d’une signature moléculaire marquant une différence de carcinogénèse entre les tumeurs spontanées et celles développées dans un contexte d’exposition de la thyroïde.
Cette étude a permis de montrer que, bien que majoritairement spontanées, les tumeurs développées dans des tissus exposés à de «faibles doses» présentent un profil moléculaire différent des tumeurs spontanées d’individus non exposés.
Partenaires
- CEA
- EDF
Laboratoires ASNR impliqués
Laboratoire de radiobiologie des expositions accidentelles (LRAcc)
Plateformes et installations ASNR impliquées
INSPIRR : Plateau INStrumental Pour la recherche sur les effets biologiques de l'IRradiation et des contaminations par les Radionucléides qui regroupe équipements de biologie du SERAMED (service de recherche en radiobiologie et en médecine régénérative) et du SESANE (Service de recherche sur les effets biologiques et sanitaires des rayonnements ionisants)