Environnement

Radioactivité et environnement : surveillance, expertise, recherche

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Mission de l’ASNR en matière de surveillance radiologique environnementale

Dans le cadre de ses missions, l’ASNR participe à la veille permanente en matière de radioprotection, notamment en concourant à la surveillance radiologique de l’environnement […] » (Art. R. 592-1.-II du code de l’environnement).

Cette surveillance radiologique environnementale s’effectue sur l’ensemble du territoire français (métropole et territoires des DROM-COM) et sur l’ensemble des compartiments de l’environnement : l’air, les eaux, les sols, les compartiments biologiques (faune et flore) et notamment les denrées alimentaires.

Objectifs de la surveillance radiologique environnementale de l’ASNR

Les principaux objectifs de la surveillance radiologique de l’environnement menée par l’ASNR sur le territoire français sont :

  • de connaître l’état radiologique de l’environnement ;
  • de suivre son évolution au cours du temps et dans l’espace et d’évaluer les expositions de la population et des écosystèmes qui en résultent ;
  • de détecter au plus tôt une élévation anormale de radioactivité, de déterminer son origine et, le cas échéant, d’interagir avec les services de l’État dans la mise en œuvre de dispositions de protection de la population, notamment au moyen de dispositifs susceptibles d’être mobilisés en situation d’urgence radiologique ou en situation post-accidentelle ;
  • de contribuer à vérifier le bon fonctionnement des installations rejetant des radionucléides dans l’environnement et le respect des prescriptions réglementaires ;
  • de restituer les résultats et d’informer le public.

Cadre de la surveillance radiologique environnementale de l’ASNR

La surveillance opérée par l’ASNR intervient en complémentarité avec celle que doit mettre en place, au titre de la réglementation, les exploitants d’installations nucléaires, civiles ou de défense, à proximité de leurs installations.

Elle s’exerce par ailleurs dans le cadre du Réseau national de mesure de la radioactivité de l’environnement (RNMRE) piloté par l’ASNR et qui associe, outre les exploitants d’installations nucléaires, plusieurs acteurs publics ou privés : différents services de l’État chargés notamment du contrôle des denrées alimentaires produites en France ou importées, des associations pour la protection de l’environnement et pour le contrôle de la qualité de l’air, ainsi que des collectivités locales et les Commissions locales d’information et de suivi (Clis).

Axes de la surveillance radiologique environnementale de l’ASNR

La surveillance radiologique de l’environnement effectuée par l’ASNR repose sur le triptyque suivant :

La surveillance radiologique régulière

Le plan de la surveillance régulière (lien vers la page du site internet PSR 2026) effectuée par l’ASNR est défini annuellement afin de prendre en compte l’évolution des activités nucléaires, les progrès en termes de prélèvement et de métrologie, les résultats obtenus les années précédentes ainsi que les éventuels événements radiologiques passés. Ce plan de surveillance, qui représente plus de 7000 prélèvements et environ 9500 mesures, couvre tous les compartiments de l’environnement (aquatique continental et marin, atmosphérique, terrestre) ainsi que les denrées sur tout le territoire national. Les résultats des mesures réalisées par l’ASNR sont publiés sur le site Internet du RNMRE.

Les études radiologiques dans l’environnement de sites mettant en œuvre de la radioactivité 

En complément de la surveillance régulière qu’il mène, l’ASNR réalise des études radiologiques dans l’environnement proche de sites mettant en œuvre de la radioactivité qui ont pour but d’affiner ses connaissances sur leur influence et d’estimer de manière la plus réaliste possible les expositions des populations avoisinantes. Elles permettent, en outre, de contribuer à la qualification des modèles de dispersion des radionucléides dans l’environnement et d’évaluation d’impact utilisés par l’ASNR. Les parties prenantes intéressées (associations environnementales, Clis…) peuvent être associées à ces travaux.

La surveillance radiologique réactive

L’ASNR a la capacité d’établir rapidement une stratégie d’investigation ou de surveillance spécifique et de déployer les moyens techniques et humains correspondants :

  • soit à la suite d’un événement industriel pouvant conduire à suspecter un rejet radioactif non contrôlé, concrétisé par des niveaux de radioactivité inhabituels ;
  • soit pour répondre à des questions particulières des pouvoirs publics ou de la société : questionnement sur l’état radiologique d’un territoire ou d’un milieu, qu’il soit lié à des processus naturels ou à des activités anthropiques actuelles ou passées.

Moyens de la surveillance radiologique environnementale de l’ASNR

Les réseaux de télédétection

Il s’agit des réseaux Téléray et Hydrotéléray mesurant la radioactivité en temps réel et destinés à alerter en cas de situation radiologique anormale pouvant, le cas échéant, conduire à prendre des dispositions de protection de la population (notamment en cas d’accident grave). Ces réseaux mesurent en permanence le rayonnement gamma ambiant dans l’air (Téléray) au moyen de 484 balises (janvier 2026) réparties sur l’ensemble du territoire (métropole et outre-mer) et dans les cours d’eau (Hydrotéléray) avec sept stations (janvier 2026) implantées sur les sept principaux fleuves français recevant les effluents des centrales nucléaires. 

Les réseaux de stations de prélèvement en continu d’échantillons d’air et d’eau

En complément des réseaux Téléray et Hydrotéléray, l’ASNR dispose du réseau OPERA-air et d’un réseau d’hydrocollecteurs pour connaître avec plus de précision les niveaux de radioactivité tant dans l’air que dans les cours d’eau et déceler, le cas échéant, des anomalies de moindre ampleur : 

  • le réseau OPERA-air est constitué de 51 stations (janvier 2026) qui prélèvent de manière continue des aérosols atmosphériques sur des filtres qui sont ensuite analysés, chaque semaine, dans les laboratoires de l’ASNR. Ces stations sont dotées d’un dispositif complémentaire de prélèvement d’iode radioactif gazeux qui serait déclenché en cas d’accident nucléaire. Cette surveillance atmosphérique est complétée par un réseau de 40 dispositifs de prélèvement d’eau de pluie implantés à proximité et à distance des installations nucléaires ;
  • le réseau d’hydrocollecteurs est constitué de 26 stations (janvier 2026) qui prélèvent l’eau du milieu récepteur des rejets liquides en aval des installations nucléaires. Deux analyses hebdomadaires sont faites sur des échantillons pour mesurer respectivement les radionucléides dissous et les radionucléides fixés sur les matières en suspension dans l’eau. 

La collecte périodique d’échantillons 

En complément des réseaux précédents et pour ce qui concerne le milieu continental, l’ASNR traite et analyse des échantillons d’eaux, de sols, de sédiments, de végétaux bioindicateurs (herbes, feuilles d’arbres, plantes aquatiques, algues…) et de denrées (légumes, lait, céréales, viandes, poissons de rivière et de mer, coquillages…) collectés par ses soins ou qui lui sont adressés par un « réseau » de préleveurs (collectivités locales, services de l’État, organismes publics, exploitants nucléaires…). Ces échantillons sont prélevés régulièrement en plusieurs points du territoire français métropolitain et de l’outremer, en particulier sur les côtes des îles et atolls de Polynésie française.

Un plateau métrologique complet en situation normale comme en situation de crise radiologique

  • Les laboratoires de l’ASNR, qui sont accrédités par le Cofrac, couvrent tous les types d’analyses requis, qu’il s’agisse de la surveillance de routine ou d’études nécessitant les performances les plus pointues issues de plus récentes avancées de ses programmes de R&D. Le plateau métrologique de l’ASNR se déploie sur 4 000 m² de laboratoires et comprend plus de 300 appareils de mesure permettant de réaliser environ 13 000 analyses par an.
  • En cas d’événement radiologique, le Laboratoire de traitement et d’analyse d’échantillons environnementaux en situation post-accidentelle (Latac), plateforme polyvalente, permet, en toute sécurité et dans des délais très courts, de prendre en charge de nombreux types d’échantillons environnementaux, provenant de l’air, de l’eau, du sol, de la faune, de la flore et des denrées alimentaires, avec une capacité d’analyse importante.

Transparence 

L’ASNR contribue à l’information du public au moyen, notamment, de la publication :

L’ASNR met par ailleurs à disposition un site web et une application pour smartphones qui permet de visualiser en temps réel le niveau de radioactivité (débit de dose du rayonnement gamma ambiant) sur l’ensemble du territoire national à partir des mesures du réseau Téléray (https://teleray.asnr.fr).

L’ASNR présente régulièrement les résultats de sa surveillance aux Comités locaux d'information et de suivi (Clis) et peut également collaborer sur certaines études d’intérêt commun avec l’Association nationale des commissions locales d’information (ANCCLI) et les Commissions locales d’information et de suivi (Clis) : https://www.anccli.org/.

Enfin, l’ASNR encourage les synergies entre les différents acteurs de la surveillance : ASNR, Clis, laboratoires associatifs, exploitants. Elle renforce l’implication de la société civile et la connaissance mutuelle des actions engagées. C’est ainsi par exemple que depuis 2024, l’ASNR coorganise avec l’ANCCLI des réunions annuelles de partage des connaissances et expériences autour de la surveillance radiologique de l’environnement.


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