Le bruit de fond radiologique

Le bruit de fond radiologique environnemental artificiel

15/07/2026

Le bruit de fond radiologique environnemental artificiel est lié à la présence de radionucléides artificiels dans notre environnement. Une synthèse des connaissances de l’IRSN, établie récemment et relative au bruit de fond des radionucléides artificiels dans l’environnement français métropolitain et à son évolution au cours des 60 dernières années, a fait l’objet de la publication d’un rapport sur son site internet le 19 avril 2022.


Cette connaissance permet d’estimer les expositions des populations qui en résultent, de déterminer les activités ajoutées au bruit de fond du fait des rejets des installations nucléaires dans le cadre de leur fonctionnement normal, et de disposer d’un référentiel dans l’éventualité d’un accident, d’un rejet intempestif ou de toute autre cause d’augmentation de ce bruit de fond.

 

De 1945 à 1980, plus de 500 essais atmosphériques d’armes nucléaires ont été réalisés par les États-Unis, l’Union Soviétique, la Grande-Bretagne, la Chine et la France. Ces essais ont libéré dans l’atmosphère de nombreux radionucléides dont une vingtaine a contribué à l’essentiel des retombées radioactives sur la France. En mai 1986, les masses d’air contaminées par l’accident de Tchernobyl ont entraîné des dépôts radioactifs très hétérogènes sur le pays. Si la plupart des radionucléides de période radioactive courte qui composaient ces retombées ont disparu par décroissance radioactive, le césium 137, le strontium 90, des isotopes du plutonium, ainsi que l’américium 241, de plus longues périodes, sont toujours présents dans les sols qui constituent le réservoir alimentant toutes les autres composantes de l’environnement. Leurs activités massiques et volumiques y sont extrêmement variables, du fait de la variabilité spatiale des dépôts radioactifs initiaux et de leur devenir. Dans le cas du tritium et du carbone 14, également émis lors des explosions nucléaires, c’est l’air qui constitue ce réservoir et leurs concentrations environnementales sont beaucoup plus homogènes. Les activités massiques et volumiques de ces radionucléides dans les différentes composantes des milieux atmosphériques, terrestres, aquatiques continentaux et marins, constituent le « bruit de fond » des radionucléides artificiels dans l’environnement. Ce bruit de fond diminue depuis la fin des retombées atmosphériques du fait de la décroissance radioactive et de différents phénomènes présentés dans le présent rapport.

 

Apport des constats radiologiques régionaux

Cette synthèse des connaissances du bruit de fond radiologique français et de son évolution au cours des 60 dernières années, dans toute sa variabilité, notamment spatiale, s’appuie sur des milliers de résultats de mesures, notamment celles acquises au cours d’études intitulées « constats radiologiques régionaux » (*) effectuées par l’IRSN de 2008 à 2018 : les constats « Val de Loire », « Sud-Ouest », « Vallée du Rhône », « Nord-Est », « Zone de rémanence élevée »,« Méditerranée » et « Normandie et Hauts-de-France ».

Télécharger la version de février 2024(**) du rapport "Le bruit de fond des radionucléides artificiels dans l’environnement français métropolitain - Bilan des constats radiologiques régionaux"

Mise à jour de juin 2026

Conséquences environnementales de l’accident nucléaire de Tchernobyl et des essais atmosphériques d’armes nucléaires en France métropolitaine. État des connaissances en juin 2026.

Quarante ans après l’accident de Tchernobyl et la fin des essais atmosphériques d’armes nucléaires, l’ASNR a entrepris d’actualiser et de compléter les mesures environnementales faites à différentes reprises sur les zones les plus touchées par les retombées radioactives de ces évènements sur le territoire français métropolitain. Une étude de l’IRSN publiée en 2016 avait notamment montré que ces zones du territoire témoignaient encore de niveaux de radioactivité artificielle supérieurs ou très supérieurs à ceux observés sur le reste de l’Hexagone. Ce sont les zones dites « de rémanence élevée » (ZRE) de la radioactivité d’origine artificielle.

Télécharger le rapport Etude de la rémanence de la radioactivité d’origine artificielle dans les zones les plus touchées par les retombées des essais atmosphériques d’armes nucléaires et de l’accident de Tchernobyl (ASNR, 2026)

Mise à jour de juillet 2026

Plus de 60 ans après la fin de la principale période des essais atmosphériques d’armes nucléaires, 40 ans après l’accident de Tchernobyl et 15 ans après l’accident de Fukushima, l’ASNR dresse ici un bilan général des principales retombées radionucléides artificiels atmosphériques de décelées en France métropolitaine depuis 1945, et de leurs conséquences radiologiques pour la population. L’objectif de ce bilan est de reconstituer et de mettre en perspective les expositions radiologiques de la population française depuis 1945 par l’évaluation des doses reçues annuellement.

Télécharger le rapport Exposition de la population française métropolitaine aux retombées atmosphériques radioactives depuis 1945 - conséquences radiologiques des retombées des essais atmosphériques d’armes nucléaires, des accidents de Tchernobyl et de Fukushima et d’autres évènements


(*) Constats radiologiques régionaux : Certaines études ponctuelles réalisées par l’IRSN, appelées « constats radiologiques régionaux », couvrent l'ensemble du territoire français et aboutissent à la publication de documents de référence synthétisant les niveaux de radioactivité relevés au niveau régional ou bien d’un bassin versant et ce aussi bien dans des zones qui peuvent être sous l’influence des rejets des installations nucléaires que dans des zones plus lointaines.

(**) Cette version corrige le tableau 6 de la page 102  : valeur de l'activité naturelle en carbone 14 dans l'air de 0,45 Bq/m3 remplacée par 0,045 Bq/m3