ERS Orano Malvési : Rapport de l'étude radiologique du milieu aquatique
Le site Orano de Malvési a connu de profondes transformations ces dernières années et de nouveaux projets industriels sont à l’étude ou en cours de réalisation. Aussi, pour renforcer son expertise environnementale autour de ce site et pouvoir apporter des éléments d’information au public, notamment sur l’évaluation de l’exposition des riverains, l’ASNR a réalisé une étude radiologique de site dans les milieux atmosphériques, terrestres et aquatiques de l’environnement de Malvési. L’étude du milieu aquatique s’est donné pour objectif de mieux caractériser l’influence des rejets atmosphériques et liquides, actuels ou passés, afin de disposer d’un référentiel radiologique actualisé et tenant compte des évolutions industrielles récentes ou en projet. Pour cela, des moyens métrologiques plus performants que ceux habituellement utilisés pour réaliser la surveillance environnementale du site ont été employés.
Une stratégie de prélèvement et d’analyses d’échantillons a été définie sur la base des données acquises dans le cadre des plans de surveillance annuels d’Orano et de l’ASNR, des études passées menées par l’ASNR, ainsi que de l’examen des rejets attendus des futures installations.
Les résultats obtenus montrent des activités d’uranium 238 mesurées dans les différents types d’échantillons, plus élevées en aval du point de rejet qu’en amont. Cet excès d’uranium, limité au canal du Tauran (aval immédiat du site industriel) pour les eaux et les plantes aquatiques, s’étend jusque dans l’étang de Bages pour les sédiments. On observe également que si les activités massiques d’uranium 238 mesurées dans la zone influencée ont diminué depuis 2007 du fait de la baisse des rejets liquides de l’usine, cette diminution est moindre que celle des rejets, suggérant l’existence de sources secondaires diffuses d’uranium, comme observé en milieu atmosphérique et terrestre lors de cette étude. Ces sources secondaires résultent principalement de la remise en suspension de poussières provenant du site ou de son environnement immédiat (bâtiments, sols, routes, digues, enrochements, etc.) ainsi que de l’envol d’embruns depuis les bassins de décantation, lors d’épisodes de vents forts.
Ces sources secondaires sont aussi à l’origine des traces de radionucléides artificiels (uranium 236, isotopes du plutonium, américium 241 et technétium 99) mesurées dans les différents échantillons prélevés dans les canaux et dans l’étang de Bages. Ces radionucléides peuvent provenir, dans des proportions diverses, des rejets passés de l’usine qui s’opéraient via le canal de Cadariège ou de la remobilisation de particules depuis le site ou son environnement terrestre proche. Dans le cas des isotopes du plutonium et de l’américium 241, cette influence du site vient s’ajouter à la rémanence des retombées atmosphériques anciennes des essais d’armes nucléaires observable partout sur le territoire.
Une partie des résultats acquis dans le cadre de cette étude ont contribué à évaluer l’exposition de la population avoisinante qui fait l’objet d’un rapport spécifique.
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