GTR Transferts des radionucléides dans l'environnement
Les études de ce groupe de travail et de recherche portent sur la caractérisation et la modélisation des processus de distribution et de transfert de radionucléides entre et dans les compartiments atmosphérique, terrestre, aquatique et vers le milieu biologique. Elles visent à :
1) évaluer les activités et les flux de radionucléides dans ces compartiments ;
2) caractériser leurs formes physiques et chimiques et leur biodisponibilité ;
3) expliciter les mécanismes des transferts entre et dans ces compartiments,
4) modéliser ces transferts par des modèles numériques ASNR ou open source
5) contribuer in fine à l’évaluation de l’exposition de l’homme et des organismes non humains (en lien avec le GTR Santé-Environnement).
Thématiques de recherche
Contexte
Les connaissances, les compétences et les outils de simulation développés sont utilisés pour répondre aux pouvoirs publics dans le cadre d’expertises, pour optimiser la surveillance de l’environnement et préparer la gestion de situations incidentelles ou accidentelles. Ils interviennent par exemple dans le cas de l’analyse des demandes d’autorisation de rejets et de prise d’eau (DARPE), d’études d’impact (EI) ou d’études des conséquences radiologiques (ECR). Ils sont utilisés pour évaluer des plans de gestion de sites pollués, le devenir de pollutions à long terme ou estimer rapidement l’exposition radiologique en cas de rejets accidentels de radionucléides. Ils s’inscrivent aussi dans le cadre de politiques publiques nationales comme le plan national d’action radon (PNAR), le plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) ou encore le Comité Directeur des situations post-accidentelles (CODIR-PA).
Les mécanismes physiques de transfert et les réactions biochimiques à prendre en compte sont propres à chaque radionucléide et à chaque milieu, atmosphérique, aquatique ou terrestre. La plupart des enjeux de recherche de l’ASNR sont donc spécifiques à chacun de ces compartiments et adressés par des équipes spécialisées par « milieu ». Cependant, la nécessité d’étudier les processus aux interfaces et l’utilisation de modèles pouvant être couplés ou intégrant plusieurs milieux donnent lieu à des travaux de recherche transverses impliquant plusieurs équipes. Ces enjeux, actualisés en 2026 et décrits ci-dessous, présentent des recoupements avec ceux d’autres instituts sur des thèmes généraux (e.g., évaluation des risques, dispersion des polluants…) et favorisent ainsi le développement de partenariats.
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Modélisation des transferts terrestres :
- Modéliser les transferts dans les sols, du minéral jusqu’à l’environnement lointain.
- Prendre en compte les effets de la zone saturée et non saturée, la spéciation en phase solide et dissoute, les évolutions de la biodisponibilité, les transferts sol-plantes.
- Coupler les processus physico-chimiques et biologiques (rhizosphère-plante)
- Améliorer les modèles de transfert sol-eau-plantes, et intégrer dans les modèles les grands types de biosphère et les temps longs.
- Compléter les bases de données spécifiques à ces différents modèles
Contaminations mixtes et dynamiques complexes :
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Étudier l’influence des contaminations mixtes (notamment organique-inorganique) sur la migration possible des radionucléides dans les sols.
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Etudier les effets couplés de co-contamination : compétition, complexation…
Appui à la gestion des situations post-accidentelles :
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Développer la capacité à évaluer les stratégies de remédiation des sites contaminées (NORM, multi contamination).
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Evaluer/tester les méthodes de gestion des sites contaminés.
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Optimiser la gestion des déchets (solides et liquides) en situation post-accidentelle.
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Modéliser les transferts des radionucléides par voies dissoutes et particulaires sur le continuum sol-fleuve-zone côtière :
- Prendre en compte l’érosion des sols contaminés et le transfert de ces particules aux rivières.
- Caractériser les processus spécifiques d’échanges et de dépôts dans les estuaires français et modéliser le transport via les particules en milieu côtier.
Appréhender les effets du changement climatique sur les fleuves :
- Modéliser les transferts de chaleur en fleuve
- Étudier les effets des étiages accrus sur le comportement des radionucléides et les évolutions possibles de tous les mécanismes de transfert.
Études de processus ou sites particuliers :
- Caractériser des processus d’échanges encore mal maitrisés aux interfaces continent/océan, océan/atmosphère et sédiment/eau.
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Effets du bâti :
- Évaluer et modéliser les effets des bâtiments (milieu industriel ou urbain) et de la surélévation par les panaches thermiques sur la dispersion en cas de rejets.
Assimilation de données :
- Perfectionner les méthodes de modélisation inverse pour remonter aux sources d’émission.
Modéliser la dispersion courte et moyenne distance sous différentes météorologies :
- Modéliser le champ proche (< 1km), notamment pour des conditions particulières de vents faibles et d’atmosphère stable.
- Affiner la modélisation sur le champ intermédiaire (10-100 km) pour de meilleures précisions de zonage.
Aérosols et dépôts :
- Modéliser les effets des gouttes d’eau, de la neige, des cristaux de glaces et des nuages sur le lessivage des aérosols.
- Caractériser les vitesses de dépôts sec et humide pour certains radionucléides encore méconnus.
- Évaluer les taux de rétention des aérosols déposés sur des surfaces urbaines.
- Intégrer l’effet de la taille des aérosols sur le dépôt.
- Développer des systèmes de collecte/piégeage d’aérosols et de leur tri granulométrique.
Expérimentations :
- Développer de nouveaux traceurs pour les expérimentations de terrain afin de réduire les coûts et pouvoir travailler sur des distances intermédiaires (plusieurs km).
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Transferts et évolutions des modèles :
Favoriser la prise en compte des connaissances au travers de plateformes logicielles intégratrices de plusieurs milieux en vue de l’évaluation des conséquences sur l’environnement et la population humaine de pollutions, et ce pour différentes situations d’exposition : rejets autorisés, accidentels, post-accidentels. Intégrer l’utilisation de l’intelligence artificielle et de nouvelles statistiques pour un traitement amélioré des données. Développer la prise en compte des incertitudes dans l’évaluation des risques.
Appui aux stratégies de surveillance :
développer des méthodes (prélèvements, mesures et traitement de données) et mettre à disposition des outils numériques et des plateformes logicielles pour augmenter notre expertise.
Discrimination des termes sources anthropiques et naturels :
améliorer nos capacités de différencier les sources de radionucléides naturels et artificiels dans tous types d’environnements.
Laboratoires
Le GTR s’appuie sur plusieurs laboratoires dont les expertises complémentaires contribuent à la production de connaissances, à l’expérimentation et au développement des approches nécessaires à l’expertise en radioprotection. Vous trouverez ci‑dessous les principaux laboratoires impliqués dans les activités du groupe :
Service des transferts atmosphériques et aquatiques des radionucléides (STAAR) :
- Laboratoire de recherche sur les transferts de radionucléides dans les écosystèmes aquatiques (LRTA)
- Laboratoire expérimental de recherche et d'expertise sur les transferts des radionucléides dans l'atmosphère (LERTA)
- Laboratoire de Modélisation de la Dispersion Atmosphérique (LMDA)
Service de radioprotection des populations et de l’environnement (SERPEN)
- Laboratoire d'étude et d'expertise sur la radioactivité de l'environnement (LEREN)
- Bureau d'étude et d'expertise du radon (BERAD)
Service des pollutions et des déchets radioactifs (SPDR)
Laboratoire de recherche sur les transferts dans les sites et sols pollués (LT2S)
Autres unités indirectement associées :
- Bureau d'expertise en hydrogéologie et sur les risques d'inondation, météorologiques et géotechniques (BEHRIG)
- Laboratoire d’Écologie et d’Écotoxicologie des radionucléides (LECO)
- Bureau de modélisation des transferts dans l'environnement pour l'étude des conséquences des accidents (BMCA)
- Laboratoire de métrologie de la radioactivité dans l’environnement (LMRE)
- Laboratoire de physique et de métrologie des aérosols (LPMA)
- Service d'étude et de recherche expérimentale (SEREX)
Programmes
Le GTR est impliqué dans plusieurs programmes scientifiques structurant et, portés des échelles locale, nationale ou internationale. Ces programmes traduisent la diversité des enjeux abordés par le groupe, ainsi que son engagement dans des dynamiques de recherche collaborative, interdisciplinaire et ouverte.
Ils permettent de fédérer des équipes autour d’objectifs communs, de mutualiser les ressources et de renforcer l’impact de nos travaux. Vous trouverez ci-dessous la liste des principaux programmes de recherche auxquels le groupe contribue en 2026 :
- BIOTRACE : Changement climatique et pompage biologique. Financement Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse 2026-2028
- CATAPULT : Comprehensive assessment and preparedness for emerging nuclear technologies. Financement CE-Euratom Pianoforte, 2025-2028
- CITHARA: Citizen engagement, AI-Supported decision and trust for radiological impact assessment and emergency response. Financement CE-Euratom Pianoforte, 2025-2029
- DIVA: dispersion par vent faible. Financement GGP-ENV
- GIROSCOPE : guidance for innovative reactor off-site consequences, planned and emergency. Financement CE-Euratom Pianoforte, 2025-2028
- INSPECT: Interactions, spéciation et effets des radionucléides d’une zone humide anthropisée. Financement NEEDS
- IOSHI : importance de la couche de surface de l’eau de mer dans l’enrichissement isotopique en iode des algues brunes. Financement NEEDS, 2025-2026
- OSR 7 : Observatoire des sédiments du Rhône. Financement Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, EDF, CNR, Région occitanie, Région SUD. 2024-2027
- RIOMAR : observer et anticiper l’évolution des zones côtières françaises sous influence des fleuves au XXIème siècle. Financement ANR PPR Océan et Climat, 2022-2028
- SPECIOSA : Spéciation de l’iode dans l’atmosphère. Financement ASNR 2024-2028
- U-TRACE : Détection rapide de l’uranium dans les eaux : développement et validation du dispositif TRACESENSE. Financement NEEDS, 2026
- Etude des échanges liquide-solide en conditions représentatives de cas rées de transport réactif de radionucléides dans les zones saturées/non saturées du sol. Financement GGP-ENV, 2021-2025.
Outils numériques
Le groupe thématique de recherche développe et mobilise un ensemble d’outils numériques destinés à soutenir ses activités scientifiques. Ils permettent de modéliser et de simuler des phénomènes complexes, d’analyser et de valoriser les données produites, et de renforcer la robustesse et la reproductibilité des travaux menés.
Vous trouverez ci‑dessous la liste des principaux outils numériques utilisés par le groupe thématique :
- STERNE : modélisation de la dispersion et des transferts de radionucléides en milieu marin
- CASTEAUR : calcul simplifié de dispersion et de transferts de radionucléide dans les cours d’eaux
- T2RN : étude des phénomènes transitoires de transport du radon en 3D dans les milieux poreux fracturés
- SYMBIOSE : simulation du transfert de radionucléides dans les écosystèmes et de calcul de l’impact dosimétrique sur l’homme, la faune et la flore (rejets accidentels ou en routine)
- pX et LdX : code de dispersion atmosphérique en champ proche, intermédiaire et longue distance.
- LdX backward : code de dispersion atmosphérique longue distance inversé.
Plateformes expérimentales
Le GTR s’appuie sur un ensemble de moyens souvent regroupés ou organisés en « plateaux » pour répondre à différents objectifs de recherche : réalisation d’expérimentations, préparations d’échantillons, analyses de différentes natures. Certains de ces plateaux techniques sont ouvert à des partenaires extérieurs et sont dénommés plateforme. Ils constituent un socle essentiel pour la mise en œuvre des projets de recherche..
Vous trouverez ci-dessous la liste des principales plateformes :
- LUTECE : laboratoire unifié d’expérimentation et de caractérisation sur le transfert des polluants dans les sols pollués
- PTHIL : plateforme technique de la Hague
- CONTA-CAD : plateau de CONTamination et de caractérisation en milieu radioactif de CADarache. Cet environnement permet la manipulation d’échantillons radioactifs et offre aux utilisateurs de nombreux moyens d’expérimentation sur les sols, l’eau et les plantes.
- TEEM-CAD et TEEM-CHER: Plateaux de Traitement des Echantillons et de Métrologie sur Cadarache et Cherbourg
- SAME : service d’analyses et de métrologie de l’environnement et développements associés. Ce service de 4 laboratoires assure l’essentiel des mesures de l’ASNR grâce à ces nombreux appareils : spectrométrie alpha, béta et gamma, scintillation liquide, spectrométrie de masse (ICP-MS)
Thèses et publications
Les travaux du GTR donnent lieu à une production scientifique riche et diversifiée, incluant des articles, ouvrages, communications et thèses. Cette production reflète la vitalité des recherches menées, ainsi que leur contribution aux avancées scientifiques.
Depuis 2024, les publications et thèses associées au groupe sont progressivement référencées dans la base HAL ASNR, accessible en ligne. Cette mise à disposition récente s’explique par la création des GTR dans HAL à partir de cette date.
Pour consulter l’ensemble des publications et des thèses associées au groupe, accéder à la base GTR Transferts de radionucléides dans l’environnement dans HAL ASNR.
Partenariat
La recherche de l’ASNR est conduite dans le cadre de collaborations nationales et internationales. Les principaux partenaires à l’échelle nationale sont : CSTB, INRAE, Ifremer, Météo France, INERIS, SHOM, CNRS, Institut des Sciences de l’ Océanet les universités de Paris-Est, Aix-Marseille, et Strasbourg. Des coopérations avec des industriels du nucléaire (CEA, EDF, ORANO) existent à travers des accords tel que le GGP-Environnement (EDF-ASNR).
Les partenaires internationaux en 2024 sont notamment le STUK, RATEN, SCK CEN, Khalifa University et l’Université de Séville. Ces partenariats existent par le biais de programmes de recherche (ex. PIANOFORTE - Partenariat européen pour la recherche en radioprotection) ou à travers la participation aux plateformes ALLIANCE (Alliance européenne en radioécologie) et NERIS (Plateforme européenne pour la préparation de la réponse aux situations d’urgence radiologiques et post-accidentelles).
Chiffres clefs
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Equipes
En 2025 le GTR était alimenté par les travaux de 42 permanents, 6 doctorants et 4 post-doctorants.
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Publications