L'organisation de la surveillance de la radioactivité de l'environnement
Les réseaux de prélèvements
27/02/2026
Dans le cadre de sa mission de surveillance de l’environnement, l'ASNR effectue des mesures régulières des niveaux de radioactivité sur des échantillons de l'environnement, en mettant en œuvre des moyens techniques performants (prélèvements et mesures). Cette action est une des composantes de la surveillance du territoire, exercée par l’ASNR au plan national.
Réseau OPERA-AIR
Pour assurer cette mission, l’IRSN dispose notamment d’un réseau de stations de collecte d’aérosols regroupées au sein de l’Observatoire Permanent de la Radioactivité de l’Atmosphère (OPERA). Ce dispositif complète étroitement les informations provenant des balises automatiques d’alerte du réseau TELERAY) qui réagiraient instantanément en cas de contamination élevée mais avec un niveau de sensibilité moindre. Le réseau OPERA a pour objectif la surveillance de la radioactivité induite par les différents radionucléides naturels ou artificiels présents dans l’atmosphère. Cette surveillance est réalisée principalement à l’aide de stations de collecte de poussières atmosphériques (ou aérosols) par filtration de grands volumes d’air.
L’observatoire OPERA s’appuie sur un réseau d’une cinquantaine de stations de collecte d’aérosols sur filtre qui fonctionnent en continu (24h sur 24, 7 jours sur 7). Ces stations sont réparties sur le territoire national dont 36 à proximité immédiate des installations nucléaires (Figure 1). Ce réseau permet de suivre chaque semaine l’évolution des concentrations atmosphériques des radionucléides associés aux aérosols. Les stations installées à proximité des installations nucléaires sont également dotées d’une ligne de prélèvement d’iode gazeux sur charbon actif, activable à distance et en cas de besoin (Figure 2).
Près de 3000 filtres sont ainsi prélevés chaque année, soit près de la moitié de tous les prélèvements réalisés dans le cadre de la surveillance de l’environnement. Ces filtres sont expédiés dans les laboratoires de l’ASNR où ils sont analysés par spectrométrie gamma. Les mesures durent entre 6 heures et 4 jours. Dans le cas des stations situées à proximité des installations de l’amont du cycle nucléaire, qui traitent de l’uranium, ou de l’aval du cycle, qui mettent en œuvre des transuraniens, une partie des filtres fait également l’objet d’une analyse par ICP-MS ou par spectrométrie alpha. Les concentrations atmosphériques des différents radionucléides sont exprimées par mètre cube d’air filtré et sont consultables sur le site du Réseau National de Mesure de la Radioactivité de l’environnement.
Après analyse, les filtres sont archivés dans une échantillothèque comportant plus de 75000 échantillons accumulés depuis la mise en place de ce réseau à la fin des années 50.
Dans l’hypothèse d’une situation liée à un rejet anormal (incident ou accident), la fréquence des prélèvements pourrait être augmentée pour mieux détailler l’évolution des concentrations. Ce réseau aurait également un rôle essentiel pour évaluer l’ampleur des conséquences d’un rejet radioactif accidentel dans l’atmosphère.
Les données OPERA acquises dans le cadre de la surveillance servent également pour des travaux de recherche et d’expertise sur les transferts atmosphériques des radionucléides.