Laboratoire de Modélisation de la Dispersion Atmosphérique (LMDA)

LMDA panache de Xe133

Le Laboratoire de Modélisation de la Dispersion Atmosphérique (LMDA), unité de recherche de l’ASNR basée à Fontenay-aux-Roses, comprend quatre permanents ainsi que des doctorants et post-doctorants. Il a pour missions de :

  • développer des modèles pour la dispersion de radioactivité dans l’atmosphère, d’origine naturelle ou liée aux activités humaines,
  • mener des actions de recherche pour améliorer la représentation des phénomènes physiques dans ces modèles et réduire les incertitudes,
  • développer des méthodes permettant de fusionner les observations dans l’environnement avec les simulations numériques,
  • acquérir des connaissances et une expertise sur les performances de ces modèles dans différents contextes et les incertitudes associées, notamment par des comparaisons à des campagnes de terrain, des données de surveillance et celles d’accidents nucléaires passés ;
  • réaliser des études en support à la crise, à la surveillance et à l’expertise.

Contexte et thématiques de recherche

Les modèles de dispersion atmosphérique permettent de reproduire et de prévoir les concentrations de polluants dans l’atmosphère et leurs dépôts sur le sol, les végétaux et les bâtiments. Ils sont utilisés en cas de rejet accidentel de radionucléides pour prévoir les zones dans lesquelles des actions de protection des populations seraient préconisées. Dans la phase post-accidentelle, ils sont un complément aux mesures de terrain pour reconstituer les conséquences sanitaires et environnementales de l’accident. Ils sont également utilisés en appui aux réseaux de surveillance, pour anticiper des augmentations de débit de dose liées à la radioactivité naturelle et limiter les risques de fausse alerte, ou rechercher la cause d’élévations anormales de radioactivité.

Les thématiques de recherche du LMDA

Axes de recherche

Cliquez sur l'intitulé pour en savoir plus :

Il existe différentes familles de modèles de dispersion atmosphérique en fonction des échelles spatiales et temporelles considérées, du niveau de précision requis pour les données d’entrée (et donc en sortie…) et du temps de calcul associé. Les travaux du LMDA sur ce thème visent à apporter des éléments de réponses aux questions : quel modèle utiliser pour quelle application et quelle échelle ? Quelles sont les erreurs et incertitudes associées ? Comment rendre cohérentes les approches de modélisation entre les différentes échelles ?

Pour cela, le LMDA développe et utilise des modèles de dispersion atmosphérique qu’il valide et améliore dans un processus continu. La performance des modèles est évaluée par comparaison à :

  • des campagnes de mesures in-situ visant à caractériser la dispersion et/ou le dépôt de traceurs atmosphériques ;
  • des données de surveillance de l’atmosphère, mesurant la radioactivité naturelle (radon) ou artificielle (krypton issu du retraitement de combustible à Orano La Hague) ;
  • des mesures de radioactivité d’origine accidentelle (Tchernobyl, Fukushima) ;
  • d’autres modèles nationaux (avec Météo France et l’Ineris) et internationaux (CTBTO).

La dispersion de polluants dans l’atmosphère est influencée par différents processus physiques : le transport par le vent, la diffusion turbulente, le dépôt (sur le sol, les végétaux et bâtiments…) et le lessivage par les précipitations (pluie, neige, brouillard…), les transformations physico-chimiques des polluants (condensation / coagulation des particules, transformations chimiques…). Ces mécanismes sont plus ou moins bien représentés dans les modèles. 

Certaines situations sont encore mal comprises et leurs modélisations entachées de grandes incertitudes, par exemple :

  • Les situations où l’atmosphère est très stable (peu de mélange turbulent) et/ou la vitesse du vent est faible (typiquement inférieure à 2 m/s à 10 m d’altitude) ;
  • Certains mécanismes liés au dépôt et au lessivage, notamment l’interaction des aérosols dans les nuages avec les cristaux de glace ou la neige, ou encore le brouillard ;
  • L’influence des conditions de rejet et d’environnement sur la dispersion en champ très proche (rejet thermique, bâtiments) ;
  • Les transformations physico-chimiques de certains polluants dans l’atmosphère, notamment l’évolution en taille des aérosols radioactifs et les transformations chimiques de l’iode.

Sur ces différents sujets, le LMDA travaille en étroite collaboration avec les laboratoires de l’ASNR (LERTA, LPMA) disposant de moyens expérimentaux en laboratoire ou in-situ, permettant d’améliorer la représentation de ces phénomènes dans les modèles.

Les incertitudes sont présentes sur l’ensemble de la chaîne de modélisation :

  • En entrée, dans les données météorologiques (observations, prévisions numériques fournies par Météo France) et les données de rejet mesurées, prévues par des modèles d’accidents graves, ou estimées par modélisation inverse (cf. axe de recherche 4) ;
  • Dans les modèles de dispersion eux-mêmes, il existe une erreur numérique (résolution de maillage) et physique dans la représentation des processus (cf. axe de recherche 2) ;
  • Dans les résultats des modèles (concentrations dans l’air, dépôts au sol et estimations de dose associées), l’effet de ces incertitudes se cumule ; à cela s’ajoutent des approximations dans les choix de représentation (cartographique ou statistique) des résultats et leur interprétation, cruciale pour la prise de décision en situation d’urgence radiologique ;
  • En cas de comparaison à des mesures, s’y ajoute une incertitude de mesure et de représentativité de ces observations.

Le LMDA travaille avec Météo France pour utiliser les données météorologiques de prévision d’ensemble en entrée des modèles de dispersion. Cela permet de prendre en compte les incertitudes inhérentes aux prévisions météorologiques pour produire un ensemble de simulations (et non une seule simulation déterministe), représentatives des différentes évolutions possibles de l’atmosphère. Les enjeux sont d’intégrer ces incertitudes à différentes échelles, y compris pour des situations d’urgence radiologique (ce qui pose la question des temps de calcul) et d’y ajouter les incertitudes liées aux rejets, beaucoup plus grandes en situations accidentelles, aux modèles et aux mesures.

Enfin, le LMDA est étroitement associé à des travaux de sciences humaines et sociales dans le cadre du projet Natech, visant à évaluer l’effet de la représentation et communication de ces incertitudes sur la prise de décision dans des situations de crise. 

En cas de rejet accidentel de radioactivité dans l’atmosphère, la composition du rejet et les quantités émises au cours du temps sont peu ou pas connues. C’est le cas pour des accidents majeurs tels que Tchernobyl ou Fukushima, mais aussi des événements conduisant à la détection de traces de radioactivité dans l’atmosphère. Dans ce dernier cas, la localisation elle-même du rejet peut être inconnue. Les méthodes de modélisation inverse permettent d’utiliser les mesures de radioactivité dans l’environnement (concentrations ou débit de dose dans l’air, dépôts au sol), combinées aux modèles de dispersion atmosphérique, pour évaluer un rejet atmosphérique et, le cas échéant, localiser la source. 

Le LMDA a développé des méthodes de modélisation inverse déterministe et probabiliste, utilisées pour évaluer les rejets atmosphériques de l’accident de Fukushima sur la base des mesures sur le territoire japonais. Ces modèles sont également utilisés régulièrement en cas de détection de radioactivité par les réseaux de surveillance, par exemple lors de l’épisode de détection de 106Ru en 2017 ou encore des incendies de forêts dans la région de Tchernobyl en 2020 et 2024.

Les actions transverses à l’ensemble de ces thèmes de recherche sont notamment :

  • L’utilisation de nouveaux produits d’observation et de prévision météorologique de Météo France (radar pluie, satellites, prévisions à fine échelle…) et leur intégration dans les chaînes de modélisation ;
  • L’exploration de méthodes de machine learning / deep learning pour accélérer les simulations, notamment via la construction de méta-modèles.

Projets nationaux et internationaux

Le LMDA a contribué depuis 2021 au montage puis au pilotage du PEPR Risques (IRiMA) (2023-2030), un programme de recherche sur la gestion intégrée des risques financé dans le cadre de France 2030. Il représente l’ASNR au comité de programme du PEPR et copilote en particulier au sein d’IRiMA le projet ciblé Natech avec l’Ineris. 

Projets internationaux en cours :

  • PIANOFORTE-GIROSCOPE (2025-2028) – le LMDA est fortement impliqué dans le WP3 sur la modélisation des conséquences radiologiques en cas de rejets atmosphériques de Nouveaux Réacteurs Nucléaires (en particulier, de petits réacteurs modulaires implantés sur des sites industriels ou péri-urbains).
  • PIANOFORTE-CITHARA (2026-2029) – dédié à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour la gestion de situations d’urgence radiologique. Le LMDA est impliqué dans tous les WP du projet CITHARA, notamment les WP1 et WP3 qui ont pour objectif de développer et tester des méthodes basées sur l’IA pour accélérer les simulations de dispersion atmosphérique, à courte distance (WP1) et à longue distance (WP3).

Projets internationaux passés : pilotage du WP1 du projet européen CONFIDENCE (2017-2019) sur la prise en compte des incertitudes en situation d’urgence radiologique. Projets et collaborations internationales en lien avec l’accident de Fukushima (ARC-F, projet OCDE, 2019-2021 ; PHC SAKURA, 2013-2015…)

Équipements et logiciels

Le LMDA développe, maintient et utilise principalement deux modèles de dispersion atmosphériques :

Ces deux modèles sont développés depuis une vingtaine d’années et issus de partenariats académiques (le LMFA pour pX et le CEREA pour LdX). Ils sont inclus dans la plateforme ASNR de calcul de conséquences radiologiques pour la réponse à des situations d’urgences radiologiques, C3X. 

Le LMDA utilise également des modèles de dispersion en champ proche qui permettent de prendre en compte les bâtiments et obstacles, notamment le modèle SLAM développé au LMFA. 

Il développe également un code de modélisation inverse, permettant d’utiliser les modèles de dispersion précités, combinés à des observations dans l’environnement et des données météorologiques, pour évaluer un rejet atmosphérique et, le cas échéant, localiser la source.

Panaches atmosphériques
Modélisation LdX du panache atmosphérique de 137Cs de l’accident de Fukushima avec comparaison aux mesures (à G.). Panache de 133Xe issu de Fleurus en Belgique, modélisé lors d’un exercice international de comparaison de modèles piloté par le CTBTO (à D.)
Modélisation des dépôts de 137Cs suite à l’accident de Fukushima (Bq/m2) avec le modèle pX (à gauche) ; simulation d’un panache fictif sur le site de l’ILL à Grenoble avec le modèle SLAM (à droite)
Modélisation des dépôts de 137Cs suite à l’accident de Fukushima (Bq/m2) avec le modèle pX (à gauche) ; simulation d’un panache fictif sur le site de l’ILL à Grenoble avec le modèle SLAM (à droite)

Partenariat et réseaux de recherche

Laboratoires ASNR partenaires

  • LERTA, LPMA pour les moyens expérimentaux (validation et amélioration de modèles, compréhension des processus physiques…) ;
  • LEREN et LTD pour les réseaux de surveillance atmosphérique et la réponse aux événements de détection ;
  • BERAD pour la modélisation du radon atmosphérique ;
  • LIE pour la modélisation en champ proche (modélisation CFD) ;
  • BMCA pour l’utilisation des modèles et études du LMDA en préparation aux situations d’urgence, la réponse aux événements de détection, le développement de modèles et d’outils périphériques à la dispersion atmosphérique (données météo, calcul de dose, visualisation/analyse des résultats) ;
  • BERAP pour l’utilisation des modèles et études du LMDA en appui à l’expertise.

Partenariats nationaux

Les principaux partenaires nationaux du LMDA sont Météo France, l’Ineris, le CEREA et le LMFA. Des partenariats et échanges plus ponctuels, passés ou en cours, avec les laboratoires suivants : le LAERO, l’IRAP, le LISA, le LSCE, l’OMP, les AASQA…

Il peut être amené à échanger ponctuellement avec des exploitants nucléaires (EDF, ORANO, CEA) notamment dans le cadre de l’utilisation de données ou de campagnes de terrain.

Partenariats internationaux

Le LMDA collabore régulièrement et de longue date avec des partenaires européens et internationaux présents au sein de la plateforme NERIS et plus particulièrement du consortium PIANOFORTE. Parmi ces partenaires, des relations bilatérales se sont nouées en particulier avec SCK-CEN (Belgique), UKHSA (Royaume-Uni), DMI (Danemark). Ces relations se traduisent par des séminaires d’échange, présentations invitées ou participations à des jurys de thèses.

Des collaborations passées ont eu lieu avec le Japon autour des conséquences de l’accident de Fukushima, notamment avec JMA et JAEA, incluant la participation à des exercices de comparaison de modèles. 

Des échanges réguliers ont également lieu avec le CTBTO et ont aussi donné lieu à la participation à deux exercices internationaux de comparaison de modèles à l’échelle transcontinentale.

Réseaux de recherche et conférences

Le LMDA est présent au sein de la plateforme européenne NERIS, dans le comité R&D. À ce titre, il contribue à l’élaboration de l’agenda stratégique de recherche de la plateforme et aux workshops annuels. 

Il est également présent au sein du réseau scientifique Ro5 sur la détection de radionucléides à l’état de traces en Europe, en tant que contributeur pour la modélisation et localisation de source en cas d’événements de détection.

Il participe régulièrement aux conférences HARMO ainsi qu’à l’EGU et ponctuellement à d’autres conférences sur la dispersion atmosphérique et la radioactivité dans l’environnement.

Equipe de recherche

  • Irène Korsakissok, Cheffe de laboratoire, chercheuse (ORCID, HAL)
  • Arnaud Quérel, Chercheur (ORCID, HAL)
  • Erwan Rondeaux, Chercheur (ORCID, HAL)
  • Hanane Bounouas, Chercheuse (ORCID, HAL)
  • Guilhem Balvet, Post-doctorant (juin 2025-présent) (ORCID)
  • Rania Ferhat, Doctorante (nov. 2025-présent) (ORCID)
  • Elena Solà Cava, Doctorante (nov. 2025-présent) (localisée à Météo-France)

Publications

Les publications du LDMA sur HAL : https://asnr.hal.science/LMDA

Contact, adresse, GTR

  • Site

    ASNR, 31 avenue de la Division Leclerc, 92260 Fontenay-aux-Roses

  • Groupe thématique de recherche (GTR)

    GTR Transferts environnementaux

LMDA - Fête de la science 2024
Fête de la science 2024 – présentation aux visiteurs de la modélisation de la dispersion de particules de césium dans l’air pendant l’accident de Fukushima © Célia Goumard, médiathèque ASNR
Logo LMDA